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Restructurations : anticipez les nouvelles règles fiscales 2026

Les publications BOFiP de la semaine précisent les nouvelles dispositions fiscales de la loi de finances 2026. Pour vos dossiers de restructuration et de transmission, des actions concrètes sont à mener dès maintenant.

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Résumé rapide

Les publications BOFiP de la semaine précisent les nouvelles dispositions fiscales de la loi de finances 2026. Pour vos dossiers de restructuration et de transmission, des actions concrètes sont à mener dès maintenant.

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Les experts-comptables indépendants qui accompagnent des opérations de restructuration ou de transmission d'entreprise sont directement concernés par les dernières publications de la doctrine fiscale. Les précisions publiées au BOFiP cette semaine clarifient l'application de la loi de finances pour 2026 sur plusieurs dispositifs clés. Cet article vous donne une lecture opérationnelle de ces évolutions et des actions concrètes à mener dès lundi matin.

Report d'imposition sur apports de titres : sécurisez vos dossiers 2026

La loi de finances pour 2026 modifie le dispositif de report d'imposition des plus-values d'apport de titres à une société contrôlée par l'apporteur, prévu à l'article 150-0 B ter du CGI. La publication BOFiP apporte des précisions qui impactent directement vos dossiers de restructuration et de transmission. Concrètement, les conditions d'application du report sont désormais mieux balisées pour les opérations réalisées depuis le 1er janvier 2026. Vous gagnez en sécurité juridique pour vos clients qui apportent des titres à une holding ou à une société qu'ils contrôlent.

Pour intégrer ces aménagements dans votre pratique, pensez à mettre à jour vos modèles de calcul des plus-values. Vérifiez systématiquement le critère de contrôle de la société bénéficiaire de l'apport, car les nouvelles règles précisent les modalités d'appréciation de ce contrôle à la date de l'opération. Documentez chaque dossier avec les pièces justificatives attestant du respect des conditions, afin de sécuriser le report en cas de contrôle fiscal. Une checklist dédiée dans votre outil de gestion documentaire vous fera gagner un temps précieux.

En pratique, pour les dossiers en cours, organisez une revue rapide des opérations d'apport de titres réalisées depuis janvier 2026. Identifiez celles pour lesquelles le report a été demandé et validez qu'elles respectent les nouvelles exigences. Anticipez les éventuelles régularisations à opérer avant la prochaine déclaration. Plus vous intégrez tôt ces précisions, plus vous offrez à vos clients une vision claire de leur situation fiscale.

Épargne retraite des indépendants : des plafonds de déduction clarifiés

Le second point d'actualité concerne la déductibilité des cotisations d'épargne retraite pour vos clients indépendants. La publication BOFiP clarifie les règles applicables au calcul du revenu brut global, pour les contrats Madelin, les plans d'épargne retraite (PER) et les cotisations versées au titre de l'article 83 du CGI. Ces précisions vous permettent d'optimiser la stratégie de déduction de vos clients et de fiabiliser leurs déclarations de revenus.

En tant qu'expert-comptable, vous avez désormais une grille de lecture plus fine des plafonds de déduction selon les dispositifs. Par exemple, pour un travailleur non salarié, le plafond Madelin se calcule sur la base du bénéfice imposable et du PASS. La doctrine détaille comment combiner les différents dispositifs d'épargne retraite en respectant les limites globales. Vous pouvez ainsi conseiller vos clients pour qu'ils versent le montant optimal avant la fin de l'année fiscale, en toute conformité.

Actions concrètes : récupérez la liste de vos clients indépendants ayant des contrats Madelin ou PER, puis comparez leurs versements 2025 aux nouveaux plafonds. Préparez une note de synthèse pour ceux qui peuvent encore ajuster leur effort d'épargne avant la clôture de l'exercice. Pensez aussi à mettre à jour vos modèles de bulletins de paie pour les dirigeants assimilés salariés, car les plafonds diffèrent.

Rachat d'entreprise par les salariés : anticipez la fin des avantages fiscaux

La loi de finances pour 2026 supprime le crédit d'impôt prévu à l'article 220 quater du CGI, accordé aux entreprises en cas de rachat par leurs salariés, ainsi que la déductibilité des intérêts d'emprunt contractés par ces salariés (article 83 bis). La publication BOFiP confirme la disparition de ces dispositifs à compter de 2026. Pour vos clients engagés dans un projet de reprise par les salariés, cette évolution modifie l'équilibre financier des montages.

Votre rôle : recalculer la rentabilité prévisionnelle des opérations de rachat salarié en intégrant la nouvelle donne fiscale, à savoir la suppression du crédit d'impôt et le caractère non déductible des intérêts. Présentez à vos clients une projection actualisée du coût fiscal et financier, afin qu'ils puissent prendre des décisions éclairées. Les dossiers déjà signés avant le 31 décembre 2025 peuvent conserver le bénéfice des anciens dispositifs, mais vérifiez les dates de réalisation des conditions.

Pour les projets en cours de négociation, intégrez dès maintenant ces paramètres dans vos simulations. Comparez les alternatives de financement, comme le recours à un holding de reprise ou l'apport de titres, qui peuvent offrir un traitement fiscal plus favorable dans certains cas. En anticipant ces changements, vous aidez vos clients à sécuriser la viabilité de leur projet de transmission aux salariés.

Droits d'enregistrement : intégrez le nouveau coût dans vos montages

Autre évolution majeure : la suppression de l'exonération de droits d'enregistrement prévue à l'article 732 bis du CGI pour les acquisitions de droits sociaux par une société créée en vue de racheter une autre société. La publication BOFiP précise les modalités d'application. Cette mesure conduit à intégrer un nouveau coût dans les opérations de rachat et de restructuration, car les droits d'enregistrement deviennent exigibles dans des situations auparavant exonérées.

Concrètement, lorsque vous montez un schéma de reprise avec une société holding créée ad hoc, vous devez désormais provisionner un poste de droits d'enregistrement dans le plan de financement. Le taux applicable dépend de la nature des titres et de la société cible. Mettez à jour vos modèles de calcul des coûts d'acquisition et informez vos clients sur l'impact de cette suppression dès le stade de l'étude préalable.

Pour les dossiers en cours, réalisez une revue des compromis signés avant la fin 2025 et vérifiez si le fait générateur de l'exonération est antérieur à la date d'entrée en vigueur. En cas de doute, sollicitez une réponse à la DGFiP via la procédure de rescrit pour sécuriser le traitement fiscal. Anticiper ces coûts vous permet de proposer des montages alternatifs conformes et optimisés.

Transmission d'entreprise : les exonérations partielles redéfinies

Enfin, la publication BOFiP clarifie les conditions d'exonération partielle des droits de mutation à titre gratuit lors de la transmission d'entreprises individuelles ou de parts et actions de sociétés exerçant une activité professionnelle. Le texte remanie le régime applicable aux parts ou actions de sociétés, avec des conditions plus précises tenant à l'activité exercée et à la détention des titres. Ces précisions sécurisent les transmissions anticipées et les pactes Dutreil.

Pour vos clients qui envisagent de transmettre leur entreprise à titre gratuit, vous devez intégrer ces nouvelles conditions dans l'analyse d'éligibilité à l'exonération partielle. Par exemple, vérifiez que l'activité de la société est bien éligible et que la durée de détention requise est respectée. Préparez un dossier de conformité complet avec les justificatifs nécessaires pour bénéficier de l'exonération au moment de la déclaration de succession ou de donation.

Actions opérationnelles : mettez à jour votre base de connaissances sur les pactes Dutreil et les engagements collectifs, puis organisez une session d'information interne pour vos collaborateurs. Pour chaque client concerné, planifiez un entretien de revue du projet de transmission et ajustez les simulations de droits de donation ou de succession avec les nouveaux paramètres. Plus tôt vous intégrez ces règles, plus vous donnez à vos clients les moyens d'une transmission réussie.

FAQ : vos questions sur les nouvelles règles fiscales

Ces nouvelles règles s'appliquent-elles à toutes les restructurations ?

Les modifications issues de la loi de finances 2026 s'appliquent aux opérations réalisées à compter du 1er janvier 2026, sauf dispositions transitoires particulières. Pour chaque dispositif, vérifiez la date du fait générateur : apport de titres, acquisition de droits sociaux, transmission à titre gratuit. Les opérations antérieures conservent généralement le bénéfice des anciennes règles, mais une analyse au cas par cas s'impose. Pensez à consulter les commentaires BOFiP cités dans cet article pour les précisions.

Comment mettre à jour mes modèles de calcul pour le report d'imposition ?

Commencez par extraire les modèles utilisés pour les déclarations de plus-values sur apport de titres. Intégrez les nouvelles conditions du report de l'article 150-0 B ter, notamment la définition du contrôle et les cas de déchéance du report. Testez vos modèles sur des dossiers réels 2025 pour identifier les écarts. Documentez chaque modification pour votre dossier de travail. Vous pouvez aussi créer une checklist de contrôle à joindre à chaque dossier de restructuration.

Quel est l'impact de la suppression du crédit d'impôt rachat salarié sur la valeur de l'entreprise ?

La suppression du crédit d'impôt et de la déductibilité des intérêts augmente le coût fiscal global du rachat par les salariés. Cela peut réduire la capacité d'emprunt des repreneurs et donc le prix qu'ils sont prêts à payer. Dans vos évaluations, intégrez ce surcoût pour déterminer la valeur de marché. Présentez à vos clients des scénarios actualisés avec et sans les anciens avantages, afin qu'ils puissent ajuster leur stratégie de cession en conséquence.

Les nouvelles conditions d'exonération partielle des droits de mutation s'appliquent-elles aux donations déjà réalisées ?

Les donations antérieures au 1er janvier 2026 restent régies par les règles en vigueur à la date de l'acte. Pour les donations en cours de préparation, il est essentiel de vérifier les conditions d'éligibilité selon les nouveaux commentaires BOFiP. Si le projet peut être finalisé avant la fin de l'année, une comparaison des deux régimes peut être utile. Dans tous les cas, sécurisez vos dossiers avec une documentation complète.

Où trouver les textes officiels pour approfondir ?

Toutes les sources sont disponibles sur le site BOFiP et sur Légifrance. Les liens directs vers les publications spécifiques sont cités dans chaque section de cet article. Pour une veille automatisée, pensez à utiliser un outil comme Cipia qui agrège les nouveautés fiscales et les classe par thématique. Vous gagnez un temps précieux.

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À propos de l'auteur·e

SM
Sophie Marchand

Consultante OEC & Conformité

11 ans d'expérience dans le conseil aux experts-comptables indépendants. Sophie a accompagné plus de 80 EC dans la maîtrise de leur référentiel OEC et la mise en conformité réglementaire. Ancienne responsable conformité en entreprise, elle intervient régulièrement comme experte auprès d'organisations professionnelles.

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